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Broderie en temps de crises : identité et résistance

Exposition 6 -29 mai 20262026, Espace exposition MACI, Université Grenoble

Depuis longtemps la broderie a été associée aux sphères domestiques et au féminin. Relevant des catégories d’« art populaire » ou d’« artisanat », elle a longtemps été perçue comme décorative et utilitaire, ce qui l’a de fait reléguée aux marges de l’Art.

Cependant, dans un monde contemporain marqué par des crises multiples — politiques, sociales, économiques, écologiques, sanitaires — son statut change, et ce grâce à des artistes, artisanes et artisans engagés prenant pas dans les actions de visibilisation, de contestation et de reconstruction identitaire. La broderie devient l’un des médiums puissants de transmission de mémoires, de résistance et d’affirmation de subjectivités minorées (Chapelain, 2025, LaDuke, 1983). Qu’elle soit associée aux supports matériels traditionnels (chemises, coiffes, tabliers, serviettes, mouchoirs, gants, etc.) ou qu’elle se présente comme une création artistique contemporaine, son geste permet de retranscrire en écriture alternative des récits de guerre, d’exil, de deuil, de lutte et de résilience. Le cas de la vyshyvanka (broderie) ukrainienne démontre avec puissance comment celle-ci devient un outil politique et un geste symbolique de survie identitaire (Gorski, 2021, Greet, 2024).

Elle peut aussi devenir une forme d’activisme discret ou explicite, féministe ou écologique, questionnant les normes sociales, les rapports de pouvoir et les récits dominants (Parker, 1984, Bernard, 2018).

L’objectif de cette exposition est de prolonger les échanges entre les intervenants de la Journée d’étude à travers des oeuvres mobilisant les techniques de la broderie
artisanale ou intuitive comme mode d’expression engagée. Elle permettra de poursuivre les réflexions sur une période plus longue et de toucher un public plus large. Dans l’espace d’exposition du deuxième étage de la MACI se côtoieront des oeuvres d’artistes issues de la diaspora ukrainienne, ainsi que d’artistes polonaises, canadiennes et françaises, qui réinventent le geste de la broderie au sein d’écritures alternatives de l’histoire des conflits et des résistances. L’exposition mettra également à l’honneur plusieurs pièces de broderie traditionnelle, telles que des rushnyky ukrainiens du XXe siècle ou des gants brodés par des artisanes grenobloises.La journée d’étude et l’exposition sont une collaboration entre les laboratoires Litt&Arts, ILCEA4, leprojet GATES et la MACI.

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